Le Cormet de Roselend - En attendant l'Etape du Tour...

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Le Cormet de Roselend - En attendant l'Etape du Tour...

 

Reliant le Beaufortain à la vallée de la Tarentaise, le Cormet de Roselend est sans doute l’un des cols français les plus appréciés. Certes, il ne fait que frôler la barre fatidique des 2000m (sa croissance s’est stoppée 32m plus bas). Certes, son histoire avec le Tour de France est somme toute récente et sa légende demande encore à être écrite. Mais ses paysages et son côté « carte postale » ne peuvent laisser indifférent. Et en plus, il sera cette année au programme de l’Etape du Tour. Une bonne raison donc de faire plus ample connaissance, notamment grâce à David Polveroni qui est allé en reconnaissance sur ces terres dès le mois de novembre.

Cormet de Roselend, carte postale de Savoie... 

C’est un col dont le nom est à lui seul un poème. « Cormet de Roselend » … un nom à nul autre pareil, à prononcer lentement, comme une invitation au voyage. Cormet viendrait du latin « Culmen » qui signifie « sommet ». Ce qui est certain, c’est qu’il est le col savoyard typique avec toutes les images d’Epinal imaginables : des vaches, des sonnailles, de verts pâturages, des paysages paisibles… et un fromage AOC, le fameux Beaufort. Une vraie carte postale. Ici l’effort physique et le tourisme ne font qu’un. C’est sur le versant Beaufortain justement que nous nous attarderons, puisque c’est lui que les concurrents de l’Etape du Tour affronteront en juillet prochain.

Tarine - Photo Savoie Mont Blanc Tourisme

Le Cormet de Roselend est un col récent, d’où un léger déficit de notoriété par rapport à ses grands voisins savoyards et son arrivée tardive dans l’histoire du Tour de France (notoriété et Tour de France sont intimement liés !). Dès 1911 pourtant, lorsque la création de la Route des Alpes est lancée, un projet de route reliant la vallée de l'Arve à la Tarentaise est envisagé mais suivant l'ancienne voie romaine via le col du Bonhomme. Les militaires étant peu favorables à l'idée, le projet sera abandonné. C'est finalement la construction du barrage, à partir de 1955, qui va permettre de tracer une route jusqu'au col du Méraillet. En 1960, le barrage sera mis en eau, noyant le hameau de Roselend. Seule la Chapelle Sainte Marie-Madeleine, déplacée et reconstruite en 1962, est sauvée. La barrage de Roselend est imposant (long de 804m et haut de 150m) et parfaitement bien intégré dans l'environnement. Ce site, situé à 1550m d'altitude, donne même aujourd'hui en partie son charme à ce col. Ne restait plus qu'à continuer jusqu'au Cormet donc, qui en 1970 sera le dernier aménagement routier qui donnera à la Route des Grandes Alpes sont visage actuel.

Depuis 40 ans sur le Tour de France

Longue chevelure au vent, faciès de guerrier nordique, qui d’autre que Henk Lubberding pouvait conquérir en premier ce col au nom semblant surgir d’un récit des temps anciens. Le Cormet de Roselend entre dans l’histoire du Tour le 13 juillet 1979 avec le coureur néerlandais alors membre de la mythique Ti-Raleigh, au cours d’une étape Morzine-Les Ménuires remportée par Lucien Van Impe.

Depuis 40 ans, lentement mais sûrement, ce col s’est peu à peu installé dans le paysage de la Grand-Messe de juillet puisqu’à 11 reprises la caravane du Tour y est revenue. Une douzième fois même en juillet prochain pour fêter dignement ce quarantième anniversaire. Avec l’Etape du Tour au passage !

 Le Cormet de Roselend c’est aussi le col qui servit de tremplin à Claudio Chiappucci lors de son improbable raid vers Sestrières en 92. C’est ici que le transalpin s’est envolé pour avaler ensuite en solitaire l’Iseran, le Mont Cenis et la montée vers la station italienne. C’est en tout cas un premier souvenir « personnel » de ce col à une époque où les retransmissions en intégralité des étapes de montagne du Tour en étaient à leurs balbutiements. Celle-ci le fût. Et restera gravée dans les mémoires de ceux qui restèrent scotchés devant leur écran.

Un autre coureur va marquer de son empreinte ce col, de deux façons diamétralement opposées : Alex Zülle. En 1995 tout d’abord, le Suisse y distance ses compagnons d’échappée pour aller s’imposer en solitaire à La Plagne, résistant au retour du bulldozer Indurain qui ce jour-là confortera son maillot jaune.

L’année suivante Alex Zuelle sera à nouveau un héros sur ces pentes. Mais un héros malheureux. Sous un temps effroyable qui n’avantage en rien le coureur helvétique qui porte des lunettes, sa descente vers Bourg Saint Maurice tourne au cauchemar. Il y tombe deux fois, fort heureusement sans gravité. Mais dans cette descente dantesque, c’est la chute spectaculaire de Johan Bruyneel disparaissant dans un ravin qui va marquer les esprits. Plus de peur que de mal pour le belge. Cette étape qui s’achevait ensuite aux Arcs n’avait d’ailleurs pas fini de jouer avec nos émotions puisqu’à 3km de l’arrivée (où Luc Leblanc s’impose), Miguel Indurain flanchera pour la première fois de son long règne. Le Navarrais ne gagnera plus jamais le Tour. Une étape folle. Une étape historique.

 Warren Barguil est le dernier coureur à être passé en tête au sommet du Cormet de Roseland l’an passé, lors d’une ascension qui empruntait la variante de ce versant Beaufortain, par le col du Pré.

A qui le tour le 27 juillet prochain lors de l'étape Albertville-Val Thorens ?

 

En mode "reco" : le Cormet de Roselend de David Polveroni

David Polveroni a reconnu dès novembre l'Etape du Tour de juillet prochain. Il a donc gravi le Cormet de Roseland et a fait pour Granfondo France une descrption détaillée de l'ascension.

"Le Cormet de Roselend est sans doute l’un des plus beaux cols de France, chacun a sa particularité mais ce Cormet a un petit caché que vous découvrirez lors de l’Etape du Tour. En attendant je vais vous donner un premier aperçu. Celui-ci interviendra très rapidement lors de l’étape, 20km, juste de quoi s’échauffer dans les gorges du Doron."

David Polveroni

Description de l'ascension

 "Les premières rampes ne sont pas méchantes et permettent de gentiment rentrer dans l’ascension. Il faut gérer, c’est un col long, 20km d’ascension pour 1230m de D+. Sur ces 4 premiers kilomètres la pente oscille entre 6 et 7%. Nous longeons le Doron et arrivons à Beaubois. Un petit pont enjambe le ruisseau du même nom suivi d’un replat pour cette fois définitivement attaquer le sujet : 7km pour 7 épingles avant d’arriver sur le col du Méraillet, le tout sur une pente régulière à 7%, avec quelques courts passages à 8,5. Il s’agit ici de prendre son rythme. Nous prenons de la hauteur et le paysage est de plus en plus aérien sur cette vallée du Doron. Lors de ma reconnaissance, le bitume n’est pas du billard, peut-être sera-t-il refait pour le Tour, mais pas de secteur gravel pour 2019 ! 

Nous arrivons au col du Méraillet, le plus « dur » est fait, et là attention les yeux !  Prenez le temps d’admirer le Lac de Roseland, on a ici l’un des plus beaux spots des Alpes ! Pour le marcheur, le pêcheur ou même le cycliste, on prend du plaisir à contempler ce décor de rêve. Ça tombe bien, je suis à vélo !

Poursuivons jusqu’au Cormet. Un replat qui permet de souffler un peu avant d’attaquer la dernière partie de la montée puis 5,5 km, toujours très réguliers, à 6/7%. On rentre dans la haute montagne à présent, on titille les 2000m. A 2km en surplomb du Lac on trouve quelques larges épingles roulantes avant de s’engouffrer sur la partie sommitale. On passe le refuge du Plan de la Laie où l’on peut se restaurer lors de longs raids ou simplement faire une pause et l’on continue de serpenter en apercevant le sommet au loin pour ceux qui connaissent bien. Le dernier kilomètre est même plutôt roulant. Il permet d’enfiler le kway et de se ravitailler avant la longue descente sur Bourg Saint Maurice. 

Attention tout de même, on arrive à proximité des 2000m : 1968m exactement, et si cela roule fort, même si la pente est faible, il peut y avoir des surprises."

Quelques conseils pour l'Etape du Tour

 "Où attaquer ? Plutôt grimpeur ? Soit en usant ses adversaires à la sortie de Beaufort, soit sur le haut des épingles au-dessus du lac. Plutôt rouleur ? Dans les 2 derniers km, le vent souffle presque toujours de dos et on peut mettre du braquet et faire une grosse différence, mais attention à rester accompagné car la descente est longue et nécessitera du personnel pour rouler. Lors de l’étape, il s’agira de bien négocier ce col qui peut entamer vos forces pour la suite qui est encore très longue. 

Je conseille pour ceux qui le feront en marge de l’étape, d’éviter les week-ends l’été car, situé sur la Route des Grandes Alpes, il y a beaucoup de Campings cars et de motards. Son charme peut vite disparaître ....

 Une autre alternative à ce versant, plus musclée, consiste à passer par le col du Pré emprunté lors du dernier Tour de France. De Beaufort il débouche sur le Barrage de Roseland puis le longe, avant d’attaquer la partie finale.

 Pour les braquets, c’est très propre à chacun, pas de crainte à avoir, il n’y a pas de pentes démesurées donc vos braquets habituels pour monter un col à 7/8% en gardant une marge de sécurité. 

 A vos cales, entrainez-vous bien ! »

 FICHE TECHNIQUE

Cormet de Roselend (1968m) - versant ouest

Départ - Beaufort (740m)

Longueur - 20,4 km

Dénivelé total - 1227m

Pente - 6.1% de moyenne (max.10%)

 

 

 

 

 Situation géographie du Cormet de Roselend:

     

Liens utiles :

 

un peu de tourisme via le site Savoie Mont Blanc

Le site du Beaufortain

Le site de la station d'Arêche-Beaufort

et pour les amateurs de fromage, tout savoir (et où trouver!) le fameux Beaufort !

 

 

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