Granfondo La Vençoise a tenu ses promesses

logo

Granfondo La Vençoise a tenu ses promesses

Texte : Christophe Menei / Photos : Emilie's Pics-Christophe Menei

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Le ciel lourd et gris qui avait fini par mettre ses menaces à exécution l’an passé avait laissé place en ce 12 mai à un soleil radieux bien plus en adéquation avec la réputation de la Côte d’Azur. La fréquentation s’en est ressentie. Et la satisfaction des concurrents aussi, car avec un temps si idéal, ce parcours reste absolument sublime. Côté sport ? Julien Gueydon (UC Manosque) s’impose devant Cédric Dubois (Team Granfondo France) dans un final électrique… Cette Vençoise aura tenu toutes ses promesses.

Météo idéale et belle affluence


La place du Grand Jardin de Vence est bien garnie en ce dimanche matin. A l’ombre des grands platanes qui s’élèvent sur ce cœur de ville à l’allure typiquement provençale, près de 450 cyclistes se tiennent prêts à en découdre. Beaucoup s’échauffent jusqu’au dernier moment dans les ruelles alentour car la Vençoise a cette particularité de s’élancer directement dans le col de Vence. Avec son ascension de près de 10km à 6,5% de moyenne, gare à celui qui n’aura pas pris la peine de faire monter en température son organisme. Ne pas se mettre dans le rouge est également essentiel car la suite du parcours est encore longue est compliquée. Discret, au milieu de ce peloton, on peut apercevoir Amaël Moinard venu ici en voisin, en reprise après une coupure post-ardennaise.

A 8h30 les fauves sont lâchés et l’ascension va être menée à un train soutenu (27’) par le groupe de tête. Ils ne sont d’ailleurs plus qu’une dizaine au sommet. A la faveur de la partie descendante jusqu’à Bramafan, pied de l’ascension vers la deuxième difficulté du jour, le col de l’Ecre (1120m), le groupe de tête s’étoffe à nouveau. Une difficulté abordée en tête par Tony Mezure (ES Cannes) et Adrien Maire (AVC Aix) qui avaient pris le large dans la descente. Ils n’ouvriront la route que peu de temps car la montée vers l’Ecre s’effectue là encore sur un tempo assez soutenu… les temps Strava en attestent ! Ils seront repris au sommet. Passé le col, sur le plateau de Caussols, quinze hommes sont en tête dont certains vont bientôt bifurquer vers le petit parcours.

Andrea Mifsud s'isole en tête

On approche de la séparation entre les deux parcours qui s’effectue au kilomètre 62, peu après le petit col de Castellaras (1248m). C’est ici qu’Andrea Mifsud (CR4C Roanne) décide de prendre les choses en main. Il va passer en tête au col, puis insister et creuser un écart d’une minute au sommet du col de Bleine (1438m). Peau de chagrin lorsque derrière vous se trouvent en chasse Cédric Dubois (Team Granfondo France), Tony Mezure (ES Cannes), Julien Gueydon (UC Manosque) et Diego Piva (Team Rodman) et avec encore presque 50km à couvrir.
Dans la longue et sinueuse descente du col de Pinpinier, Tony Mezure crève et ne reverra plus ses compagnons. Andrea Mifsud résiste encore jusqu’au sommet de la bosse de Conségudes où il est repris.

Le plus fort n'est pas toujours celui qui gagne...

A partir de là, Cédric Dubois semble vraiment être le plus fort. Il ne réussit cependant pas à s’isoler et emmène sur son porte-bagage Julien Gueydon dans l’ultime véritable côte vers Coursegoules via Bézaudun. Il n’y a pas assez de pourcentage sur ce secteur pour que le grimpeur du Team GFF fasse le break et son compagnon d’échappée ne collaborera plus jusqu’à la ligne d’arrivée. Quinze bornes de « poker menteur » durant lesquels Cédric Dubois prendra tout de même le parti de rouler seul, sans exiger de relai. Sur la ligne, ce qui devait arriver arriva, Julien Gueydon le saute sans hésitation.

Aurait-il dû réellement faire autrement ? Cédric Dubois n’a-t-il pas fait une erreur en décidant de rouler malgré tout ? Très certainement. Pour gagner, il faut aussi être capable de pouvoir tout perdre. La frustration du grimpeur niçois était réelle, lui qui n’a toujours pas mis la Vençoise a son palmarès et qui semblait vraiment être le plus fort. Et lorsqu'il est le plus fort, ce qui est souvent le cas sur ce type de parcours, il ne sait compter ses coups de pédales... C'est sa conception du vélo. C'est tout à son honneur. Mais y-a-t-il réellement de la place pour la morale dans le final d’une course cycliste ? Le plus fort ne gagne pas toujours et c’est ce qui fait aussi, malgré tout, le "charme" et l'intérêt de ce sport. Certains coureurs font de la roublardise une arme. Il faut pouvoir le faire. Il faut malgré tout l'accepter. Que l'on ait ou pas apprécié la manière Julien Gueydon est bien le vainqueur de la Vençoise 2019. Le jeune espoir du CR4C Roanne, Andrea Mifsud vient compléter le podium.

Le petit parcours

 

Il ne faut pas oublier le petit parcours de 105km qui s'est offert un vainqueur de haut niveau en la personne de Maxime Folco (Levens VTT). En compagnie de la tête de course il choisisait de bifurquer vers le petit parcours afin de ne pas trop entamer son capital physique en vue de son grand objectif de la saison, le Tranvésubienne VTT qui se déroulera le week-end prochain. Il devançait Thomas Lemaître, triathlète Raphaelois lui aussi en préparation pour ses prochains objectifs.

Chez les Dames, Laurence Reviglio (MS Mandelieu) nous a encore gratifiés d'une performance impressionnante : 48e au scratch d'une épreuve au niveau très élevé, elle devance Karen Pepper (UC Monaco) et Elisabeth Petit (Draguignan Triathlon).

 

Le Challenge Granfondo Alpes-Maritimes

 

Manche du challenge départemental (qui en compte huit), la Vençoise n'aura fait que confirmer les positions déjà établies aux classements Dames et Hommes. Laurence Reviglio et Cédric Dubois creusent l'écart sur leur poursuivants et font preuve d'une belle régularité depuis le début de la saison. Ils défendront leur maillot le 16 juin prochain lors de la Mercan'Tour Bonette qui marquera l'entrée dans la saison des cyclos de haute montagne.

 

Un bilan très positif

A la fin de la journée, le bilan que pouvait tirer les dirigeants du CC Vence était très positif. Pas d'accident à déplorer, ce qui constitue toujours la première préoccupation pour un organisateur. Une affluence importante sur la ligne de départ et un niveau sportif relativement élevé qui nous auront permis d'avoir une course ouverte et très intéressante. Le retour des concurrents étaient d'ailleurs lui aussi vraiment bon.

Enfin, la météo a permis de profiter au maximum des extraordinaires paysages des Préalpes d'Azur. Sous le soleil et avec un ciel d'un bleu si profond, ce territoire est un spectacle de tous les instants. Sauvage, sportif tout en restant accessible, le parcours de la Vençoise est décidement extrêmement plaisant et mériterait certainement d'être encore bien plus connu. On encourage donc l'équipe du CC Vence à continuer à nous offrir cette belle cyclo pendant... disons au moins 25 ans, histoire d'atteindre le cap du demi-siècle d'existence! En attendant de voir si loin, comme on dit par ici : A l'an que ven!*

*A l'année prochaine

LES CLASSEMENTS SONT DISPONIBLES ICI!

 

Commentaires

Revenir en haut de la page