La Mercan'Tour Bonette DT SWISS - Cédric Dubois roi des cimes

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La Mercan'Tour Bonette DT SWISS - Cédric Dubois roi des cimes

Photos - Robert Balma/Emilie's Pics/Christophe Menei

Pour la 2e année consécutive Cédric Dubois (Team Granfondo France) s'impose dans la station de Valberg (Alpes-Maritimes) après avoir dompté la Bonette et la Cayolle. La Mercan'Tour Bonette DT SWISS n'a pu aller chercher le Tour de la Cime (2802m) pour cause de neige, mais reste cependant la cyclo la plus haute d'Europe, proposant un parcours sauvage et des décors grandioses. Plongée dans une journée féérique en plein coeur du Parc National du Mercantour pour une épreuve qui représente un vrai défi et qui mérite assurément d'être bien plus connue.

Plus qu'une cyclo, une aventure

Le printemps a été pourri ici aussi. Même dans ces Alpes du Sud généralement baignés de soleil, il aura fallu attendre. Attendre que le soleil perce enfin, que les températures remontent, que la neige veuille bien se retirer. Alors il a été bien difficile de s'entrainer et de se préparer correctement pour cette aventure que représente la Mercan'Tour Bonette DT SWISS et son parcours de 190km pour 4600m de dénivelé positif. Une option est laissée de s'arrêter au pied de la dernière montée, à Guillaumes, mais pour en arriver là il faut tout de même se coltiner 175km et 3700m de dénivelé... avec les 32 derniers kilomètres en descente, histoire de voir le verre à moitié plein!

Sur la ligne de départ ce sont donc des visages fermés, un peu inquiets que l’on peut croiser. On ne s’engage pas dans une telle aventure sans une petite appréhension, même pour les plus aguerris, car en cas de « jour sans » la montagne peut transformer une belle aventure en un long chemin de croix… C’est aussi le charme de cette épreuve un peu hors normes. 243 courageux s'élancent donc à 7h de Valberg, pour un court départ neutralisé en descente jusqu'à Beuil et le pied du col de la Couillole, très court sur ce versant. Globalement moins de concurrents que l'an passé donc, mais cela s'explique par le fait que cette année, en raison de travaux, l'équipe d'organisation n'a pas pu programmer de "petit" parcours de 100km. Ajouté aux conditions climatiques difficiles du printemps, à la concurrence d'autres épreuves (notamment du Ventoux) ainsi qu'à l'éloignement géographique dont pâtissent immanquablement les épreuves maralpines, cela explique les difficultés que rencontre l'épreuve pour "faire le plein". L'équipe Mercan'Tour Granfondo réfléchit d'ailleurs très sérieusement à changer la date de son épreuve reine l'an prochain, car monter si haut, si tôt dans la saison, reste un pari risqué. Nous y reviendrons.

Partir prudemment...

Avec le menu copieux qui est proposé aux concurrents, il vaut mieux partir "piano" pour monter progressivement en température. Le col de la Couillole se monte donc au train et sa descente, splendide mais technique (et fermée à la circulation par l'organisation) fait finalement office de sélection. Dans la longue vallée qui remonte ensuite la Tinée jusqu'à Saint Etienne de Tinée, pied du col de la Bonette, un premier peloton d'environ 25 coureurs s'est formé. On avance groupé, vent de face et au kilomètre 60, les choses sérieuses commencent. Tony Mezure (ES Cannes), décide de tenter sa chance tout seul et mène la danse dans la première partie du col. Il va compter jusqu'à 2 minutes d'avance. Mais soudain, au-dessus de Bousieyas, après déjà près de 15km d'ascension, son avance s'effondre. Les grimpeurs ont mis en route et Tony n'a pas le profil de l'emploi. Il repliera ses ailes avant le Camps des Fourches.

C'est un groupe de moins de dix coureurs qui l'avale, dans lequel nous pouvons reconnaître les principaux protagonistes attendus de cette "Bonette" : Cédric Dubois (Team Granfondo France) qui mène le train, Stefano Sala, Franck Lemasson (MS Mandelieu), Alberto Botasso (Tean De Rosa Santini), Paul-Emile Lorthioir (Team Velo101), Tristan Delacroix (Team Cycliste Azuréen), Julien Gueydon (UC Manosque) ou encore Alexandre Blain (Team On Energy), l'ancien pro reconverti dans le triathlon. Ces hommes vont passer ensemble au sommet de la Bonette (2715m) et plonger vers la vallée de l'Ubaye.

Sala et Dubois s'isolent dans la descente de la Bonette

Un plongeon de près de 25km qui va inspirer les deux voltigeurs que sont Cédric Dubois et Stefano Sala. Rééditant le coup de la Mercan'Tour Turini de l'an passé, où ils avaient profité de la première longue descente pour creuser l'écart sur leurs compagnons d'échappée, ils vont se présenter à Jausiers avec près de 2 minutes d'avance. Il reste à ce moment là encore 85 kilomètres, mais les deux hommes étant aussi bons escaladeurs que descendeurs, quelque chose nous dit qu'on ne les reverra plus jusqu'à Valberg.

Et en effet, tout au long de la longue (27km) et sublime ascension du col de la Cayolle (2326m), ils vont continuer à accentuer leur avance pour compter 4 minutes au sommet. Derrière, c'est un peu chacun pour sa peau. Les coureurs ont-ils seulement le temps de lever la tête pour admirer et profiter des paysages de ce col qui est l'un des plus beaux et des plus sauvages des Alpes françaises? (Affirmation validée par bon nombre de participants à l'arrivée!)

Ces 4 minutes sont devenus 7 à Guillaumes, 32km plus bas, au pied de la dernière montée vers Valberg. Derrière les deux hommes de tête Franck Lemasson est à présent seul et il va effectuer une très belle montée, ne perdant quasimment rien sur les deux leaders. Guillaumes c'est aussi l'arrivée du parcours de 175km que va s'adjuger Tristan Delacroix (TC Azuréen) devant Raphaël Audo (Club Alpes Azur) et Julien Plumer (ES Cannes).

Cédric Dubois s'envole à la flamme rouge

Pour tous ceux qui décident de continuer jusqu'à Valberg, il va falloir encore avaler 14km à un peu plus de 6% de moyenne avec des températures avoisinant les 35° dans la première partie de l'ascension. Devant, Cédric Dubois mène le duo de tête devant un Stefano Sala ne le relayant plus. Et comme Cédric Dubois le dira lors de la remise des prix, lorsque Stefano ne passe plus, c'est qu'il ne peut plus le faire. Aucun calcul chez le transalpin, bien heureux de déjà pouvoir suivre le niçois. Le coureur du Team Granfondo France devra attendre la flamme rouge pour se débarasser de son acolyte et savourer ses derniers hectomètres en solitaire. Une victoire à 29,98km/h de moyenne... Cédric aurait pu mettre quelques watts de plus pour arrondir à 30!

Il conserve donc son titre et conforte du même coup sa position en tête du Challenge Granfondo Alpes-Maritimes que l'on voit mal lui échapper cette année à 3 épreuves de la fin.

Du côté des Dames, c'est Karen Pepper, la britannique de l'UC Monaco qui s'impose sur le grand parcours, devant Anna Maria Nunia (Team Vigor) et Dagmar Geiselhart (Challenger Triathlon Le Cannet).

Quelques changements pour 2020

A l'arrivée, les concurrents étaient pour la plupart "carbonisés"... mais heureux! Et tous, d'où qu'ils viennent, étaient émerveillés par le parcours. Car oui, la Mercan'Tour Bonette est très dure, mais c'est aussi et avant tout un parcours absolument inoubliable, une plongée dans cet extraordinaire Parc National du Mercantour. Et un voyage en haute altitude que peu de cyclos proposent. L'équipe d'organisation en a conscience et planche donc pour augmenter l'an prochain le nombre de participants, car ce territoire mérite vraiment d'être reconnu à sa juste valeur! Un nouveau petit parcours de moins de 100km est notament à l'étude. Et la date changera également en 2020, c'est une certitude. Pour le reste, ravitaillements, convivialité, implication des bénévoles, sécurité... les retours étaient extrêmements positifs, de quoi être encouragés à continuer dans cette voie.

Nous ne pouvons donc que vous encourager à venir vivre l'expérience l'an prochain! En attendant vous pourrez vous frotter dès le 25 août prochain au Col de Turini lors de la Mercan'Tour Turini-Officine Mattio autre épreuve proposée par l'équipe Mercan'Tour Granfondo.

LES RESULTATS

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