Les Cyclosportives, un tremplin vers le monde professionnel pour le cyclisme féminin

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Les Cyclosportives, un tremplin vers le monde professionnel pour le cyclisme féminin

 

Le cyclisme féminin est en plein essor, il se professionnalise et se densifie même s’il reste dans l’ombre de son homologue masculin. Faute souvent à un manque de médiatisation et de reconnaissance ! Si bien que les filles douées en vélo doivent parfois passer par des voies alternatives pour sortir leur épingle du jeu. Leurs parcours sont parfois bien moins classiques que celui des messieurs qui roulent depuis l’école de vélo et gravissent les échelons en enchaînant les heures de selles et les courses tous les dimanches. Certaines viennent d’autres sports, sont repérées tardivement, d’autres font du vélo une reconversion sportive… C’est le cas de Marion Bessone ancienne skieuse de fond et Marie Dessart ancienne triathlète. Toutes deux ont un profil atypique et ont intégré récemment des équipes professionnelles.

Nous avons eu l’honneur de pouvoir échanger avec les deux athlètes qui se connaissent d’ailleurs très bien. L’an passé, elles se sont challengées sur beaucoup de cyclosportives mais ont aussi formé un duo d’enfer sur le Tour du Mont Blanc qui les a mené à la victoire par équipe. 

 marie dessart cycliste professionnelle

Des championnes pas comme les autres

Marion a commencé le vélo par le VTT, un complément très bénéfique au ski de fond pendant l’hiver. Suite à une coupure sportive pour ses études, elle décide à l'âge de 27 ans de se mettre au vélo de route et de participer aux cyclos de la région histoire de s’amuser “J’ai commencé à participer à 1 ou 2 cyclosportives par an. Je les faisais à mon rythme, sans pression et sans trop de risque de chute vu mon classement”. Marie, elle est passée par la case triathlon notamment sur le format Ironman. Mais les blessures successives l’ont progressivement menée au cyclisme: “Suite à de nombreuses blessures en course à pieds et à un meilleur niveau à vélo je me suis dirigée essentiellement vers le cyclisme à 32 ans.”

Sauf que voilà, quelques années plus tard, nous retrouvons Marie et Marion dans des équipes professionnelles. Toutes deux sont passées professionnelles à plus de 30 ans ! Marion fait désormais partie de l’équipe Macogep-Tornatech-Specialized et Marie vient d’intégrer l’équipe Lotto Soudal.

marion bessone cycliste

 

Le passage par les cyclosportives

Pour intégrer le peloton professionnel Marie et Marion ne sont donc pas passées par la voie classique. Les cyclosportives, où le niveau est de plus en plus élevé, ont permi à nos deux athlètes de faire leur preuve. Marion nous confie avoir appris à frotter et à rouler sur ces courses: “Les cyclosportives sont une très bonne porte d’entrée dans le milieu de la compétition pour les filles. Ces courses m’ont permis d’apprendre à me placer en course, à frotter, à gérer l’effort et de me faire connaître. Grâce au niveau acquis en cyclosportive, j’ai participé conjointement à quelques Coupes de France et championnats de France me permettant de rentrer dans le milieu professionnel”. Marie quant à elle a gagné son ticket dans le milieu professionnel grâce à son titre de Championne du Monde GranFondo…

 

L’apprentissage du monde professionnel

Ne vous méprenez pas ! Ce n’est parce que certaines filles intègrent le peloton professionnel après la trentaine, chose effectivement impossible chez les hommes, que le niveau World Tour n’est pas à la hauteur. 

Le niveau mondial chez les femmes est aujourd'hui impressionnant. Les organisateurs des courses World Tour masculines organisent de plus en plus leur version au féminin. C’est le cas notamment, de La Flèche Wallone, de Liège-Bastonne-Liège, ou encore du Giro d’Italia (course à étape de 10 jours pour les filles). Les nanas savent tout faire, elles frottent, elles courent sur les pavés, elles grimpent les cols à des allures folles… On se rappelle de la montée du col d’Izoard de Van Vleuten lors de la Course By Le Tour avec un chrono proche de celui des hommes…

Marion a fait l’expérience du Giro l’an passé et nous confie avoir été épatée du niveau général et du professionnalisme des filles. Marie qui attaque cette année sa première année chez Lotto Soudal sait qu’elle va devoir apprendre et faire sa place  “Intégrer le peloton professionnel, je l'appréhende avec motivation, et une envie de vivre une nouvelle expérience mais aussi pas mal de stress car c'est la découverte d'un autre milieu et d'une autre mentalité. J'ai l'habitude aussi de rouler avec les hommes et là ce sera différent…"

 marie dessart lotto soudal

                                Copyright photo @facepeeters                                             

Promouvoir le cyclisme féminin

Toutes deux reconnaissent qu’elles se sentent toujours évoluer dans un sport qui reste majoritairement masculin dans sa pratique mais aussi dans sa mentalité. “Le cyclisme féminin reste secondaire à celui masculin par le nombre de filles qui en font mais aussi par l’image. Il faut donc « recruter » en rendant ce sport attractif pour les filles et qu’elles n’aient pas l’image du vélo inconfortable qui fait mal aux fesses et du papi faisant sa balade” nous confie Marion. C’est aussi un manque de communication et surtout de médiatisation qui fait encore défaut au cyclisme féminin…. Selon Marie “Il manque justement plus de médiatisation et de mise en avant mais je sens que les choses vont bouger à l'avenir!”

Car oui, contrairement à ce que l’on entend parfois, le cyclisme féminin plait. Ce n’est pas moins d’1 million de personnes qui ont regardé La Course by Le Tour dans le Col d’Izoard. Il semblerait donc que la déclinaison des courses masculines au féminin soit peut être la solution…

Et il en est de même pour les équipes professionnelles… On voit depuis ces dernières années plusieurs équipes professionnelles hommes, créer une équipe féminine avec les mêmes couleurs et mêmes sponsors. Une visibilité supplémentaire que les marques ont bien compris…

Et si les femmes étaient l’avenir du cyclisme…

C’est un rêve fou que de voir autant de femmes que d’hommes au départ des courses… Mais aussi utopique que cela puisse paraitre, personne ne peut nier que les choses bougent…

Selon Marion, les filles ont désormais les marques avec elles qui ont su prendre le virage de la féminisation de vélo en offrant du matériel adapté à leur morphologie, esthétiquement attrayant tout en étant aussi performant !! “Les fabricants font maintenant de beaux vélos et des vêtements adaptés aux femmes”

C’est aussi les organisateurs des cyclosportives qui se mettent à donner un coup de pouce au cyclisme féminin. Départ séparé, tarif préférentiel, et même une course 100% féminine a vu le jour en 2018 (La Chullanka Ladies GranFondo) pour attirer toujours plus de cyclistes au départ des courses… “Des courses réservées aux filles ou avec départ séparés des hommes me paraît très attrayant. Cela réduit considérablement le stress au départ, le risque de chutes et permet une vraie stratégie de course.

Un nouveau Challenge de 4 cyclosportives (Challenge Chef de File Ladies GranFondo) vient d'être créé. De bon augure pour le cyclisme féminin. 

Toute l'équipe GFF souhaite une super saison à Marie et Marion. Forza !

 

 

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